de la Vilaine vers le pays des Abers

Ca y est, les amarres sont larguées et les gilets capelés.

La descente de la Vilaine débute par une montée en tête de mat, pour démêler la drisse de spi entortillée autour de l'émerillon de génois. Comme d'habitude, notre première sortie de la saison affronte de mauvaises conditions. A la sortie de la Vilaine, le mauvais temps nous empêche de tenir le cap. Trinquette et grand voile arisée n'y font rien. Fuite vers le sud pour nous réfugier dans le port de la Turballe. Devant le port, le moteur ne démarre plus ! Ouf, ce n'était que l'étouffoir qui était resté actionné. Erreur de premier jour. Pluie, grisaille, vent, accompagnent Boisbarbu.

Sous trinquette et 2 ris, Boisbarbu remonte péniblement entre les cailloux de Houat. A Sauzon (Belle-île), toujours bien accueillis, nous enfourchons les vélos pour un tour de l'île. Nuageux, parfois pluvieux.

A Port Tudy (île de Groix) la canne à pêche savamment déployée par Michel, avec mitraillettes et rapala, se remouline le sillon bas. Bredouille.

Le faible coefficient de marée nous autorise à dormir à la Chambre, en plein centre de l'archipel de Glénan, après un empannage de spi dans sa chaussette plutôt laborieux.

Le passage du Raz de Sein, redouté ou adoré par les marins, est une grande et belle journée. Le vent de nordé nous porte en un long bord de Glénan à la baie d'Audierne, ou nous mouillons une heure dans la petite calanque FeunTeux, 2 milles à l'est de la pointe du Raz, dans l'attente de la renverse. Le vent revient au nord pour contrer notre progression devant le phare de la Vieille et la Plate. C'est donc au près serré que nous franchissons le Raz, avant d'aller mouiller 30m de chaîne dans l'anse de Pen Hir, à l'est des Tas de Pois. L'équipage est heureux d'avoir passé ce cap, avec vent contre courant, en tirant des bords, mais à la bonne heure d'étale.

A Camaret, après le traditionnel pèlerinage sur les sentiers de Pen Hir, crêpe partie chez Pascal et Nathalie. Il pleut souvent, entre deux éclaircies. Le thermomètre continue à descendre. 3 polaires, un collant, grosses chaussettes, bottes, cirés, gilets, bonnet et gants sont notre accoutrement quotidien. Mais le bon vent est là, bien là, pour propulser Boisbarbu sans avoir jamais à utiliser son bon vieux Yanmar 27cv.

Le Chenal du Four aussi au près, sous voiles arisées. Dans l'Aber Ildut, le désagréable clapot, le ciel gris puis le crachin ne vont tout de même pas nous empêcher de marcher un peu sur le GR. Las de la pluie et du froid, Evelyne passe une bonne partie des navigations dans la protection du carré, allongée sur la couchette sous le vent qu'elle doit échanger à chaque virement de bord.

Aber Wrac'h, but de ce « convoyage » vers la Bretagne nord, tu nous ouvres ton abri, ton calme reposant. Tu m'es devenu familier et je me sens bien dans tes bras rassurants. Marche sur le GR jusqu'au fond de l'aber. En chemin, un 3 mats, posé sur la vase, attire notre regard. Des artisans insolites s'activent sur le pont. C'est le Bel Espoir, du père Jahouen, en réparation pour quelques mois. Les artisans sont en réalité des jeunes en ré-insertion, encadrés par un éducateur. Ils nous accueillent et nous font visiter les ateliers, ou ils découvrent ou apprennent un métier. Belle rencontre, beau regard ! Ca tombe bien, je suis dans la lecture de son bouquin « Démerdez-vous pour être heureux ».

Michel, notre équipier, skipper de surcroît, nous quitte pour sa première expérience de covoiturage. Evelyne et moi quittons Boisbarbu quelques jours pour rendre visite à Christine « de Bretagne » et Jean-François, qui nous accueillent chaleureusement dans leur maison de Ploumoguer. Grandes tablées, plats de fruits de mer, discussions tard dans la nuit, longue rando sur le GR, chaleur et profondeur humaine, comblent nos curs. Nous en repartons avec encore plus d'énergie et d'enthousiasme.

Les eaux turquoises de l'île Vierge, comme l'opaline qui orne son phare, nous transportent aux Caraïbes.

 

 

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