Après 3 mois de vie nomade

Jeudi 1er Septembre 2005

La baie de Lindos, île de Rhodes.

Le retour : d'Antalya à Bodrum

 

Le parcours de retour, d'Antalya à Bodrum, que nous voulons différent pour ne passer aux mémes endroits, et ainsi se réserver de l'inconnu et des imprévus. Nous revenons par les îles grecques du Dodécanèse qui sont au large de la cote turque : Kastelhorizo, Rhodes, Simi. De pures merveilles de l'architecture grecque, des villages d'un charme fou.

A Rhodes, visite de la vieille ville et de sa forteresse : la plus grande ville fortifiée d'Europe.

Formalités d'entrée en Grèce ou l'on fait connaissance avec le zèle des pointilleux fonctionnaires de différentes administrations maritimes : - Douanes, - Immigration, - Police maritime, - Garde cotes, - Capitainerie. Ils auscultent nos papiers dans leurs moindres détails. 4 heures dans plusieurs bureaux pour remplir des dossiers souvent semblables, qui finissent rapidement dans de grands placards pour être oubliés. Nous pensons avoir passé avec succès toutes les épreuves quand au dernier bureau : la capitainerie, une inspectrice veut immobiliser notre bateau le temps qu'il faudra pour qu'on lui fournisse d'autres pièces officielles, du style attestation d'assurance rédigée en grec, document prouvant que la TVA a été réglée pour ce bateau, etc Devant l'impossibilité de réunir ces papiers dans les jours qui viennent, je parviens à récupérer mes papiers en lui promettant de revenir le soir même avec des pièces complémentaires au dossier. Nous déciderons finalement de filer à l'anglaise (désolé pour nos lecteurs british, ce n'est qu'une expression) et de ne plus avoir de contact avec les autorités de ce pays, en dépit des obligations légales voulant que l'on fasse des démarches à chaque entrée et sortie de chaque port !!!

Au sud de l'île, Lindos, le St Tropez de Rhodes nous ouvre sa baie protégée comme un écrin et nous envoûte dans son labyrinthe de ruelles étroites, aux maisons blanches, volets de bois, sols de pebble stone : petits galets blancs et noirs aux motifs floraux. C'est par hasard, qu'à la nuit tombante, nous tombons nez à nez avec Marie Coco et ses copains du GUC, fanatiques de windsurf. Retrouvailles et arrosage sur la terrasse du restau Stefanys : Moussaka et vin blanc. « What a small world !»

Nous sillonnons l'île de Rhodes, montagneuse, sur un petit mais bruyant scooter. Notre coup de cur : l'extrême sud de l'île ou un isthme sablonneux étroit sépare la mer Égée de la mer de Rhodes. Un fabuleux spot de surf envahi par les tentes et camping cars. Une ambiance colorée et concentrée sur le fil du rasoir aquatique. Coté Meltem, les « big waves » que chevauchent les kites, alors qu'à quelques mètres de la, sous le vent, le « flat pond » ou filent les windsurfs. Une pensée toute particulière pour les amis Ricky, Bobby, Terje et autres passionnés de glisse de la signap.com family.

A Simi, Boisbarbu dérape sur son ancre  :

Simi est une petite ville superbe, aux centaines de maisons multicolores, fronton hellénique, soigneusement peint de couleurs pastels, volets en bois, 13 églises richement décorées, parvis en pebble stone. Nous passons la matinée à nous perdre dans le dédale de ruelles si étroites qu'on ne peut parfois pas s'y croiser. Sur le port règne une agitation inhabituelle : le village s'apprête à accueillir « la semaine grecque », une régate réunissant 75 voiliers et 500 équipiers. Nous attendons l'arrivée et nous melons aux équipages sur les quais et aux terrasses de cafés. En fin de journée, nous devons remonter à un col pour redescendre sur la baie de Pethi où nous avions mouillé Boisbarbu, le port de Simi étant ce jour là réservé aux régatiers.

Au détour d'une ruelle, notre vue plonge sur la baie. Boisbarbu n'est plus à sa place. On l'aperçoit, 200 m plus loin, se rapprochant dangereusement d'un gros yacht. Nous dévalons la colline, sautons dans l'annexe et souquons ferme sur les pagaies pour rejoindre Boisbarbu, immobilisé à quelques mètres du yacht, par 22 mètres d'eau. Le moteur est vite démarré et le guindeau remonte péniblement le poids du mouillage. Ouf, il y a eu plus de peur que de mal. Que s'est il passé, alors que la veille j'avais mouillé avec 40 mètres de chaîne dans 7 mètres d'eau, et testé comme à l'habitude la tenue du mouillage en appuyant la marche arrière à 2500 tours/minute ?!

C'est en discutant avec un voisin de mouillage que je comprends qu'un abruti avait pris mon orin pour une bouée de mouillage et avait tenté de s'accrocher dessus. Ce qui a décroché l'ancre et la retourne à l'envers. Les rafales de l'après midi se sont chargées de pousser Boisbarbu vers le large. Si je tenais ce lascar, il passerait un sale quart d'heure ! Marin d'eau douce ! Bachi bouzouk !! Moule à gaufre !!!

Il est vrai que la bouée d'un orin peut prêter à confusion, mais cette année, j'ai peint un stationnement interdit dessus avec le nom du bateau, alors ! Ce devrait être explicite ! En tout cas, cet orin m'a encore sauvé la chaîne et l'ancre dans le port de Rhodes, alors que l'ancre était fortement coincée dans une chaîne mère. On a mis une heure et demi à se dégager, mais grâce à l'orin.

A la cote au vent de Simi, une crique très protégée, isolée, avec juste un monastère encore actif, une boulangerie et ce qui veut ressembler à une petite épicerie. Quelques voiliers, parmi lesquels nous sympathisons avec un jeune couple sur un Kendo du nom de Mach 6, que nous avions vu l'an dernier par deux fois en Croatie. Ils nous apportent des nouvelles de nos amis de Yabola, rencontrés en Grèce, et de La Cardinale, rencontrés en Tunisie. Bref, de bons apéros pour arroser tout cela, de longues discussions nocturnes dans le cockpit et une amitié qui germe.

Vous etes nombreux à nous avoir envoyé des messages souvent colorés, posé des questions, auxquelles nous avons répondu de notre mieux en dépit des rares accès Internet. Nous vous remercions beaucoup pour avoir su maintenir cette présence et ce partage pendant nos mois en mer.

De nombreux de vos messages nous font part du temps frais et pluvieux qui sévit sur une partie de l'Europe. La couche d'ozone !?. Ici, c'est plutôt l'inverse : jamais une goutte de pluie et même pas l'ombre d'un nuage. Alors, on marche à l'ombre chaque fois qu'on le peut.

Pour nos amis navigateurs, tentés par cette destination, voici nos impressions résumées :

Les Plus

Les Moins

Nos endroits préférés :

Apres 3 mois de vie nomade en mer, d'incertitude quotidienne pour trouver un nouvel abri côtier, de changements imprévus des conditions de vent et de mer, d'inquiétude nocturne nous laissant dormir que sur une oreille pour aller vérifier la tenue du mouillage, de souci de ne consommer que 10 litres d'eau par jour, de ne pas pouvoir lire le soir afin d'économiser l'énergie électrique du bord, nous allons retrouver avec plaisir une maison, sans roulis ni tangage, qui ne dérape pas son ancre pendant les nuits ventées, ou il suffit d'ouvrir le robinet d'eau pour se laver les dents, et ou l'on ne risque pas de se renverser le café sur les genoux à cause d'une mauvaise vague.

 

C'est à la fois un temps de repos attendu, avec surtout le plaisir immense de retrouver famille et amis, et à la fois le regret de terminer ce mode de vie nomade que nous avons eu la chance de passer ici cet été, « sur une autre planète », avec ce sentiment de liberté que procure la fascination de la mer et du vent.

Amitiés à tous.

Nous serons à Grenoble dimanche 4. Inch Allah !

Evelyne et Gérard.

 

 

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